mardi 13 avril 2010

Chronologie

Février 2009 :

Du 10 au 18 février :

Quelques protestations en Floride, en Arizona, à Seattle et à Denver contre le « Economic Stimulus Package ».

Le 19 février :

Rick Santelli, journaliste financier de CNBC, propose en direct une « tea party » pour protester contre le plan de refinancement des hypothèques du gouvernement.

Du 27 au 28 février :

Le mouvement se nomme désormais « Tea Party ». Près de 50 manifestations se tiennent dans tout le pays durant ces deux jours.

Mars 2009

Du 6 au 8 mars :

Manifestations dans le pays pour protester contre le « Economic Stimulus Package », mais également contre les dépenses de l’Etat et les impôts.

Du 12 au 14 mars :

Les réunions de citoyens se poursuivent dans le pays. Plusieurs milliers de personnes à Cincinnati, le 14 mars.

Le 21 mars :

Plus de 4'000 personnes se réunissent à Orlando pour exprimer le mécontentement face à Washington.

Avril 2009

Du 1 au 11 avril :

Les manifestations se poursuivent dans tous le pays

Le 15 avril :

Première manifestation nationale. Le jour correspond à la date limite de remise des déclarations d’impôts. Le « Taxe-day » se transforme en « Anti-taxe day ». Près de 750 Tea Parties défilent dans les rues des villes américaines. Certaines réunissent près d’un demi-million de personnes.

Du 18 au 25 avril :

Le mouvement continue de se rassembler pour protester contre le gouvernement.

Mai et Juin 2009 :

Le mouvement se poursuit. Les revendications restent les mêmes : contre un Etat intrusif, dépensier, contre l’augmentation des impôts et de la dette de l’Etat… Le 29 juin, à Nashville, le thème de la réforme de la santé est soulevé.

Juillet-août 2009 :

Les protestations s’intensifient et se cristallisent autour de la question de la réforme de la santé.

Septembre 2009

Le mouvement continue sur sa lancée estivale. La réforme de la santé reste le sujet principal des revendications.

Le 12 septembre 2009 :

Les Tea parties participent à la « Taxpayer March on Washigton ». Plus de 70'000 manifestants, selon le Wall Street Journal, marche sur le Capitole pour protester contre les dépenses à tout-va de l’Etat. D’autres manifestations sont organisées dans tout le pays.

Octobre - Décembre 2009

Le mouvement s’essouffle un peu. Le froid aura peut-être eu raison des manifestations en pleine rue.

(Source Wikipédia)

Janvier 2010

Le mouvement reprend du poil de la bête. Une petite dizaine de manifestations sont organisées dans tout le pays.

Février 2010

Premier congrès national du Tea Party. Six cents délégués se retrouvent à Nashville. Des « workshops » sont organisés pour que le mouvement de contestation citoyen se change en une force politique capable d’influer sur les élections de novembre 2010. Sarah Palin, ancienne gouverneure républicaine de l’Alaska, est invité de marque de cette convention.

Du 4 au 7 février :

Durant la fin du mois, quelques manifestions s’organisent dans le pays contre l’augmentation des impôts, notamment.

Mars 2010

Le mouvement s’intensifie à nouveau durant tout le mois. Le 20 mars, le nombre des manifestations croît considérablement. Le Tea Party se rassemble devant la Chambre des Représentants à la veille du vote sur la réforme de la santé.

Avril 2010

Le mouvement se poursuit. Dimanche dernier encore, près de 400 personnes se sont réunies à Jefferson City dans le Missouri.

(Source Wikipédia)

Présentation des médias traditionnels

The New York Times :


Le New York Times est un quotidien américain fondé en 1851. C’est le troisième plus important journal américain après le Wall Street Journal et USA Today. Il est également le plus grand journal local du pays, bien que son tirage ait été réduit ses dernières années à un peu moins d’un million d’exemplaires par jour. En 2004, il comptait 1'124'700 abonnés quotidiens. Sa version en ligne est la plus populaire des journaux américains en décembre 2008. Plus de 18 millions de visiteurs uniques s’y sont connectés en un mois. Le journal est détenu par The New York Times Company qui publie 18 autres journaux régionaux. Son directeur est Arthur Ochs Sulzberger Jr, dont la famille contrôle le journal depuis 1896. (source Wikipédia)


Le journal comporte trois sections principales:

  • News : nouvelles internationales, nouvelles nationales, affaires, technologie, sciences, santé, sports, région new-yorkaise, éducation, temps, et annonces nécrologiques.
  • Opinion : éditoriaux et lettres adressées à la rédaction.
  • Suppléments : arts, littérature, cinéma, théâtre, voyages, guide de la ville de New York, restaurants et vins, maison, décoration et dessins.

Le Tea Party pointe au quatrième rang des sujets les plus populaires des lecteurs du New York Times, un peu après la réforme de la santé (1er rang) mais loin devant Barack Obama (9e rang).



Orientation politique : En 2007, une enquête menée par Rasmussen Reports, un institut américain de sondage, sur la perception du public au sujet des principaux médias du pays relève que 40% des interrogés estiment que le New York Times a une tendance « libérale » alors que 11% le considère comme conservateur.

En décembre 2004, dans une étude de l’Université de Californie, à Los Angeles, Le New York Times obtient un score de 73.7 sur 100, 0 étant considéré comme le plus conservateur et 100 comme le plus « libéral ». Cependant, la validité de ce travail a été mise en doute par de nombreuses organisations, notamment Media Matters for America, un groupe « libéral » d’analyse des médias.


Dans le courant 2004, l’ombudsman du journal Daniel Okrent a reconnu que le New York Times avait parfois eu un biais « libéral », notamment dans la couverture de certaines questions sociales, comme le mariage gay. Il affirme que ce biais reflète le côté cosmopolite du journal. Okrent ne commente pas le problème du biais dans la couverture de questions telles que la politique étrangère ou fiscale, les libertés civiques. Il met toutefois en évidence le manque d’esprit critique envers l’administration Bush dont a fait preuve le journal dans sa couverture de la guerre en Iraq.


On peut tout de même noter que le New York Times, en juillet 2008, refusa de publier une tribune de John McCain, alors candidat républicain à la présidence. Cette dernière répondait à une publication de Barack Obama au sujet de la guerre en Iraq. Le papier aurait été écarté car il devait être amélioré et comporté des éléments nouveaux concernant les plans de McCain pour mener les Etats-Unis à la victoire.


The Washington Post :


Le Washington Post est un quotidien américain, le plus important de la capitale. C’est également le plus ancien. Il a été fondé en 1877. Il s’intéresse particulièrement à la politique nationale, aux travaux de la Maison Blanche et du Congrès. Des éditions spéciales sont imprimées chaque jour pour Washington D.C., le Maryland et la Virginie. Le quotidien est connu pour la mise au jour par deux de ses reporters du scandale du Watergate.


L’édition de la semaine contient les rubriques suivantes :

  • Le premier cahier : la Une, les nouvelles nationales et internationales, les affaires, la politique, les éditoriaux, les opinions…

  • Metro : les nouvelles locales

  • Sports

  • Style : culture, art, littérature, cinéma, mode et rubrique people

  • Les petites annonces

Le journal appartient à The Washington Post Compagny, qui détient également The Washington Post Media, Washington Post Digital et le washingtonpost.com.


En septembre 2009, son tirage hebdomadaire moyen s’élevait à 582'844 exemplaires. Cela en fait le cinquième quotidien le plus important des Etats-Unis. (source Wikipédia)


Orientation politique : Dans son histoire, le Washington Post a été accusé de biais positifs aussi bien pour la droite que pour la gauche. Sa ligne éditoriale était plutôt de centre-gauche avant la mort de sa propriétaire Kathrine Graham. Depuis, sous la direction de son fils, Donald Graham, le journal se rapproche de la droite. Comme la plupart des médias américains, le journal a soutenu l’intervention de l’armée en Iraq en 2003. Il a également accueilli favorablement la privatisation partielle de la sécurité sociale. (source Wikipédia)


En 2007, une enquête menée par Rasmussen Reports, un institut américain de sondage, sur la perception du public au sujet des principaux médias relève que 30% des interrogés estiment que le Washington Post a une tendance libéral alors que 16% le considère comme conservateur.


En décembre 2004, dans une étude de l’Université de Californie, à Los Angeles, le Washington Post obtient un score de 66,6 sur 100, 0 étant considéré comme le plus conservateur et 100 comme le plus libéral. Cependant, la validité de ce travail a été mis en doute par de nombreuses organisation, notamment Media Matters for America, un groupe libéral d’analyse des médias.


Dans les colonnes de l’édition du 16 novembre 2008, Deborah Howell, ombudsman du Washington Post, revient sur les critiques des conservateurs qui affirment que le journal aurait un biais libéral. Elle rappelle que les journalistes, par leur envie de changer le monde, sont naturellement de tendance libérale mais que la rédaction se compose de démocrates, de républicains et de centristes. Elle affirme également que la couverture de l’actualité n’est pas biaisée par leur appartenance partisane.


Fox News Channel


Fox News Channel est une chaîne de télévision, par satellite et câblée, américaine d’information en continu. Elle a commencé à émettre en octobre 1996. Accessible à plus de 102 millions de ménages américains, elle est aujourd’hui la chaîne câblée la plus regardée aux Etats-Unis, devant CNN et MSNBC. Elle fait partie du groupe Fox Entertainment détenu en majorité par le groupe News Corporations de Rupert Murdoch. Elle émet depuis New York, 15h de direct par jour. La chaîne a connu une grande augmentation d’audience durant la seconde guerre du Golfe, près de 300%, soit en moyenne 3,3 millions de téléspectateurs par jour. (source Wikipedia)


Orientation politique : Deux nombreux observateurs estiment que le traitement de l’information et les commentaires politiques de Fox News comporte un biais en faveur des positions conservatrices. La chaîne nie. En septembre 2009, une étude du Pew Research Center montre que 72% des téléspectateurs républicains s’estiment favorables à Fox News leur est, 43% des téléspectateurs démocrates partagent cette opinion. Un sondage mené par le même institut au mois d’octobre 2009, montre que le réseau est considéré comme le plus idéologique des Etats-Unis. Les interrogés pensent qu’il est le plus souvent conservateurs à près de 43%.


En décembre 2004, dans une étude de l’Université de Californie, à Los Angeles, Fox News obtient un score de 41,1 sur 100, 0 étant considéré comme le plus conservateur et 100 comme le plus libéral. Cependant, la validité de ce travail a été mise en doute par de nombreuses organisations, notamment Media Matters for America, un groupe libéral d’analyse des médias.

Présentation des nouveaux médias

Huffington post

Il s’agit de l’un des plus importants sites d’information aux Etats-Unis. C’est également un agrégateur de contenu. Le Huffington Post attire 26.4 millions de visites uniques par mois. Selon le site d’analyse de blogs Technorati, Huffington Post est le blog vers lequel partent le plus de liens sur Internet. Créé en 2005 par Ariana Huffington en réponse à l’agrégateur d’information conservateur « Drudge Report », le « HuffPo » est rapidement devenu un phénomène de la planète Web. Certains observateurs considèrent qu’il a contribué à l’institutionnalisation de le blogosphère en empruntant au registre des médias traditionnels, notamment dans le domaine du financement. Le Huffington Post a par exemple été l’un des premiers blogs à accueillir des annonceurs. Les contributions sur le site émanent d’un ensemble de journalistes et de chroniqueurs constants, d’une part. 3000 bloggueurs de divers horizons publient en outre sur le site. Le Huffington Post propose diverses rubriques : politique, médias, business, spectacles, etc. La stratégie actuelle de sa fondatrice consiste à développer des rubriques thématiques, ainsi qu’à créer des sections locales. Les commentaires sont ouverts à tous.


Orientation politique :


Le Huffington Post dit s'inscrire dans une lignée politique « libérale » au sens où on l’entend aux Etats-Unis, c’est-à-dire non conservatrice, « de gauche ». La fondatrice du blog, Ariana Huffington, est toutefois parfois considérée comme une « opportuniste politique». Dans les années 90, elle était intimement liée à la famille politique conservatrice. (Source : http://www.hebdo.ch/huffington_post_le_blog_qui_fait_trembler_les_38547_.html). Il s'agit ici, par conséquent, de rendre attentif au fait que contrairement aux médias dit traditionnels, il n'existe pas d'études systématiques sur l'orientation politique des blogs. Ces derniers peuvent donc affirmer ce qu'ils veulent sur leur positionnement politique.


Traitement du Tea Party


Il y a une année, Le HufPo a créé un fonds pour le journalisme d’investigation. Dans le cadre de ce dernier, une collaboration a été mise en place avec Jay Rosen, l’un des maîtres à penser du « public journalism ». Ce fait dénote une forte sympathie du HuffPo pour la pratique du journalisme citoyen. Dans le mouvement Tea Party en particulier, il est intéressant de constater que le blog se positionne comme le défenseur d’un traitement compréhensif des protestations par des outils de « journalisme citoyen ». Nous verrons comment cette façon de procéder introduit un nouveau biais dans le traitement de l’information, et ses possibles conséquences.


Nota Bene


Il nous semble important de préciser ici un élément spécifique à ce média. La quantité des informations stockées sur le serveur du Huffington Post rend impossible une analyse exhaustive des diverses contributions, même avec l’aide des tags. Nous dégagerons par conséquent, pour chaque temporalité du mouvement choisie, l’orientation générale des articles et autres posts, en sélectionnant ceux qui nous paraissent les plus emblématiques.Michelle Malkin blogMichelle Malkin est une chroniqueuse conservatrice considérée comme l’un des personnages les plus influents du Web. Le site Technorati place le blog de Michelle Malkin à la 33ème place des blogs vers lequel partent le plus de liens sur la Toile. Créé en 2004, son blog traite principalement de l’actualité politique des Etats-Unis. Il s’agit par ailleurs d’un site dont l’influence est en hausse chez les penseurs conservateurs. Sur le blog de Michelle Malkin, les commentaires ne sont admis que pour les personnes enregistrées. Les contributions de Malkin nous semblent hautement pertinentes dans l’étude du mouvement Tea Party. Elles sont en effet emblématiques de la manière dont les « nouveaux médias » permettent à un mouvement de se développer, de créer un buzz. Ce blog s’inscrit dans une mouvance politique qui soutient le Tea Party, sans en être un membre organisateur explicite et direct. Le brouillage des pistes est total. Michelle Malkin jongle habilement entre les registres, sans en signaler la nature. La chroniqueuse a en outre été l’objet de critiques du Huffington Post, qui remettent en cause son récit dominant sur le Tea Party. La controverse porte sur la nature spontanée du mouvement, que le HuffPo conteste.L’un des discours récurrents chez Michelle Malkin se situe dans la manne « anti-médias d’Etat », qui ne feraient preuve d’aucune impartialité face au mouvement conservateur. Le discours est hautement idéologisé.

Tea party


Depuis le début, Michelle Malkin est unilatérale dans son traitement du Tea Party : pour elle, il s’agit d’un mouvement des bases contre la politique libérale. Le ton est donné. Il ne fléchira pas, mais se durcira, au contraire.Le site conservateur le plus important qui a relayé le Tea Party est le Drudge Report. Toutefois, Michelle Malkin est également une Malkin a également beaucoup traité du mouvement. Le Drudge Report opère en outre dans un registre sensationnaliste, alors que Michelle Malkin, une ancienne journaliste, se veut informative. Son blog nous semble hautement pertinent à analyser, car il est emblématique de tout un pan du mouvement, relayé par des blogs et plateformes de tiers, en addition d’un traitement par des sites communautaire, comme Facebook, dont nous parlerons ultérieurement.


Facebook


Après avoir analysé un blog d’une mouvance proche du Tea Party, mais qui se dit non directement impliquée lors des débuts des protestations, il nous semble essentiel de revenir à présent sur la façon dont les groupes Facebook ont également lancé l’information. Le mouvement a effectivement utilisé massivement les réseaux sociaux, ces « nouveaux médias » : blogs, Twitter, Facebook. Les protestations ont été relayées sur ces sites communautaires. Il est toutefois difficile de savoir si ces sites témoignent réellement de la spontanéité du mouvement, d’une « avant-garde » informationnelle, ou d’un élément que les acteurs mobilisent dans leur légitimation. Pour le journaliste, la manière dont un tel mouvement utilise les « nouveaux médias » est très intéressant à analyser. Les implications professionnelles qui en découlent sont en effet importantes, tant il est essentiel de lire derrière le discours des acteurs. Le danger de reprendre ces discours comme tels est inhérent aux « nouveaux médias », tant l’absence d’intermédiation suggère à priori l’ « authenticité » de l’information.Le cas de Facebook pose en effet plusieurs questions. Le Tea Party se dit spontané, politiquement non affilié, et venant de la base. Il se trouve toutefois que pour une grande partie des pages Facebook locales, la date de création ne figure pas dans les informations ouvertes au public, ou alors ne correspond pas au début du mouvement (février 2009). Il est donc difficile de vérifier si les protestations se sont réellement mises en place « spontanément », avant d’être relayées par d’autres acteurs conservateurs. Pour s’en assurer, il s’agirait de vérifier la date de création de chaque groupe local. Or cet élément s’avère impossible. A noter également que la consultation des archives du blog du Tea Party nécessite une identification.Le groupe général, de portée nationale, a quant à lui été mis en place en mars 2009, soit après les premiers balbutiements du mouvement, relayés (ou créés ?) par des personnages politiques importants, à l’instar de Michelle Malkin. Pour analyser les temporalités du mouvement qui interviennent après les premiers balbutiements, nous nous pencherons donc sur ce groupe de portée nationale. Pour ce qui est de la « mise en place » du mouvement, nous tenterons de décortiquer quelques pages ou groupes créés à chacun des moments clé des protestations.


Le ton utilisé à propos des médias « traditionnels »

Sur le site principal Facebook des différents mouvements Tea Party , le ton se veut critique des médias « mainstream », qui ne couvriraient pas de manière fidèle ce mouvement « de la base ». Le Tea Party se veut donc le défenseur des « nouveaux médias », qui permettraient une couverture plus fidèle. Il s’agit là, à notre sens, d’un discours qui légitime l’action du « mouvement », et dans lequel les frontières entre l’émotionnel, l’information, et l’auto-promotion, sont brouillées.